Laboratoire d'archéologie du Québec
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Cafetière ou chocolatière. Vue générale, côté gaucheImage
Photo : Alain Vandal 2017, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Cafetière ou chocolatière. Vue générale, côté droitImage
Photo : Alain Vandal 2017, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Cafetière ou chocolatière. Vue généraleImage
Photo : Marie-Annick Prévost 2008, © Ministère de la Culture et des Communications

PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+

Provenance archéologique

CeEt-61 > Opération 1 > Sous-opération L > Numéro de catalogue 19

Contexte(s) archéologique(s)

Latrines

ÉVALUATION D'INVENTAIRE+

La cafetière ou chocolatière en faïence a été sélectionnée pour la collection archéologique de référence du Québec, car elle constitue un exemple précoce de terre à feu unique, et parce qu'elle témoigne de la consommation de boissons exotiques par la bourgeoisie de la Nouvelle-France autour de 1700.

SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+

Synthèse historique

La cafetière ou chocolatière en faïence est fabriquée à Nevers, au début du XVIIIe siècle. L'objet prend la forme d'un contenant pansu et piriforme muni d'un bec verseur et d'un manche oblique et creux. Il repose sur trois pieds à enroulements.

La faïence culinaire de type « terre à feu » présente des propriétés particulières qui lui permettent de résister à la chaleur. Elle peut supporter une température correspondant à une cuisson lente à chaleur douce, ainsi qu'être utilisée pour le service de mets ou de liquides chauds conservés à proximité immédiate du foyer. Les traces de chauffe visibles sur les pieds de cet objet témoignent d'ailleurs d'une telle utilisation.

La cafetière ou chocolatière est un récipient utilisé pour la préparation et le service de café ou de chocolat chaud. Seul le couvercle, ici manquant, permettrait de distinguer la fonction exacte de cet objet, puisque celui de la chocolatière est percé d'une ouverture pour laisser passer le moussoir. Au XVIIIe siècle, la préparation du café se fait de la manière suivante : les grains de café rôtis, pulvérisés et tamisés sont déposés dans une cafetière remplie d'eau bouillante, la proportion étant de deux cuillerées de café pour une pinte d'eau. La cafetière est ensuite approchée du feu et retirée dès que le liquide monte, et l'opération est répétée une douzaine de fois. Le café est ensuite laissé à reposer, puis tiré à clair et finalement servi dans des tasses. Pour la chocolatière, le breuvage préparé est versé dans le récipient, lequel est muni d'un couvercle percé au sommet et dans lequel est glissé un moussoir en bois. Entre chaque service, le chocolat est moussé au moyen du moussoir, puis versé dans la tasse appropriée.

L'artéfact est mis au jour en 1975 dans les latrines de la maison Perthuis, dans le secteur de Place-Royale, à Québec. La collection Perthuis renferme des tasses à café et à chocolat chaud, ce qui certifie la consommation de ces deux breuvages exotiques chauds dans la maison de la famille Perthuis.

RÉFÉRENCES

AUGER, Réginald, Caroline GIRARD, Laetitia MÉTREAU et Jean ROSEN. « Pour une typologie stylistique chrono-thématique des faïences françaises retrouvées dans les anciennes colonies d'Amérique (XVIIe-XVIIIe s.) ». Canadian journal of archaeology / Journal canadien d'archéologie. Vol. 40, no 2 (2016), p. 268-296.
GENÊT, Nicole. La faïence de Place-Royale. Collection Patrimoines, série Dossiers, 45. Sainte-Foy, Québec, Publications du Québec, 1996. 315 p.
L'ANGLAIS, Paul-Gaston. Les modes de vie à Québec et à Louisbourg au milieu du XVIIIe siècle à partir de collections archéologiques. Collection Patrimoines, série Dossiers, 86. Sainte-Foy, Québec, Publications du Québec, 1994. s.p.
POTHIER, Louise, dir. Fragments d'humanité : Pièces de collections. Archéologie du Québec. Montréal, Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal/Éditions de l'Homme, 2016. 151 p.
ROSEN, Jean. La faïence de Nevers, 1585-1900. Dijon, Éditions Faton, 2009. s.p.